Téhéran et Alborz
Capitale de 9 millions d'habitants adossée à la chaîne de l'Alborz, point d'entrée naturel d'un voyage en Iran et accès direct au Damavand (5610 m).
Téhéran s'étire sur près de 40 kilomètres du sud au nord, des quartiers populaires de Shahr-e Rey aux contreforts boisés de Darband. Cette pente continue de 1100 mètres d'altitude à plus de 1700 mètres conditionne tout : la température, la qualité de l'air, le tissu urbain. Du côté sud, la ville reste basse, les bazars dominent, les mosquées safavides côtoient les caravansérails reconvertis. Au nord, les avenues s'élargissent, les cafés et galeries d'art se multiplient dans les quartiers de Tajrish, Niavaran et Darrous. Notre équipe organise systématiquement les visites du sud le matin, avant que la chaleur et la pollution ne s'installent.
La capitale concentre l'essentiel des musées nationaux. Le palais du Golestan, ancienne résidence Qadjar, mérite trois heures pour ses salles de miroirs et son musée photographique. Le musée national d'Iran rassemble les pièces majeures de Persépolis et Suse, et constitue une introduction utile avant de descendre vers Shiraz. Le musée des Joyaux de la Banque centrale, ouvert seulement quelques après-midis par semaine, présente le Daria-i-Noor et le trône du Paon. Pour comprendre la peinture contemporaine iranienne, le musée d'art contemporain de Téhéran, dessiné par Kamran Diba en 1977, conserve une collection occidentale (Bacon, Pollock, Warhol) que peu de visiteurs soupçonnent.
Le bazar de Téhéran, autour de la rue Panzdah-e Khordad, n'a rien d'une attraction reconstituée. C'est une place financière active, dix kilomètres de ruelles couvertes où se traitent encore les cours du tapis, du safran et du cuivre. Nous y conseillons une demi-journée avec un guide qui ouvre les arrière-cours et les timcheh (cours marchandes du XIXe siècle). Pour déjeuner, le restaurant Moslem au-dessus de l'entrée nord sert un tahchin au poulet qui justifie les vingt minutes d'attente habituelles.
Au nord de la ville commence la chaîne de l'Alborz, qui sépare le plateau central iranien de la mer Caspienne. Le téléphérique de Tochal, accessible depuis le terminus du métro Tajrish, monte en trois tronçons jusqu'à 3740 mètres. La station intermédiaire à 2400 mètres permet une marche d'une heure vers le sommet du Kolakchal. En hiver, de décembre à mars, les stations de Dizin et Shemshak fonctionnent avec une neige sèche de qualité, à 2650 mètres d'altitude minimum. L'Iran reste l'un des rares pays où l'on skie le matin et où l'on dîne en ville le soir.
Le Damavand, à 70 kilomètres au nord-est de Téhéran, culmine à 5610 mètres et reste le plus haut volcan d'Asie. Sa silhouette conique apparaît par temps clair depuis les terrasses nord de la capitale. L'ascension classique part du camp de Polour à 2200 mètres, suit la voie sud jusqu'au refuge Bargah Sevom (4250 mètres) et nécessite trois à quatre jours avec acclimatation. La fenêtre praticable s'étend de mi-juin à mi-septembre. En dehors de cette période, la neige et les vents au sommet rendent la course technique. Pour les voyageurs non alpinistes, une marche de deux jours jusqu'au refuge offre déjà des vues sur le plateau de Lar et ses troupeaux de printemps.
Plus à l'ouest, le lac de retenue de Karaj (Amir Kabir) et la vallée de Taleghan composent un autre visage de l'Alborz : villages de pierre, vergers de noyers, restaurants au bord de l'eau où l'on sert la truite grillée du Karaj. C'est l'échappatoire des Téhéranais le vendredi, quand la capitale dépasse 38°C en juillet et août. Notre agence inclut souvent une journée à Taleghan pour les voyageurs disposant de cinq jours ou plus dans la région.
À découvrir
Palais du Golestan et bazar de Téhéran. Visite du palais Qadjar inscrit à l'UNESCO puis traversée des dix kilomètres de ruelles du bazar, où circulent encore les cours du tapis et du safran. Déjeuner chez Moslem, tahchin servi en porcelaine ébréchée.
Téléphérique de Tochal vers 3740 m. Montée en trois tronçons depuis Tajrish, fin d'après-midi de préférence pour échapper à la foule du vendredi. Air sec, vue sur la ville couverte de smog en contrebas, sentier d'une heure vers le Kolakchal.
Ascension du Damavand par Polour. Trois à quatre jours entre mi-juin et mi-septembre depuis le village de Polour, refuge Bargah Sevom à 4250 mètres, sommet à 5610 mètres. Acclimatation préalable de deux nuits en altitude requise.
Musée d'art contemporain de Téhéran. Bâtiment de Kamran Diba (1977) qui conserve une collection occidentale (Bacon, Pollock, Rothko) constituée avant 1979. Les œuvres tournent par roulement, vérifier l'accrochage en cours avant la visite.
Vallée de Taleghan et lac de Karaj. Deux heures de route au nord-ouest, villages de pierre, vergers de noyers et truite grillée au bord du lac. Échappée fraîche quand Téhéran approche 40°C en juillet et août.
Quand y aller
Téhéran connaît un climat continental sec marqué par deux périodes confortables : avril-mai (15 à 25°C, ciel souvent dégagé après les averses de mars) et septembre-octobre (18 à 28°C, lumière nette, peu de pollution). L'été, de juin à août, dépasse régulièrement 38°C en journée, et la pollution atmosphérique s'aggrave en l'absence de vent. L'hiver, de décembre à février, oscille entre -2°C et 8°C en ville, avec des chutes de neige possibles en altitude dès novembre. Les stations de Dizin et Shemshak ouvrent généralement de mi-décembre à fin mars.
Pour l'Alborz et le Damavand, le calendrier est inverse de la ville : la fenêtre de randonnée s'étend de mi-juin à mi-septembre. Avant juin, les pentes hautes restent enneigées et les refuges fermés. Après septembre, les vents au sommet du Damavand dépassent fréquemment 80 km/h. Les vallées intermédiaires (Lar, Taleghan) restent praticables de mai à octobre.
Conseils pratiques
Nous recommandons deux à trois jours pleins sur Téhéran pour un premier voyage : une journée pour le sud historique (Golestan, bazar, musée national), une journée pour le nord (Saadabad ou Niavaran, Tajrish, dîner en hauteur) et une demi-journée tampon pour les musées spécialisés. L'aéroport international Imam Khomeini, à 50 kilomètres au sud, dessert la majorité des vols long-courriers. Nous accueillons systématiquement nos voyageurs à l'arrivée, souvent vers 3 ou 4 heures du matin du fait des horaires.
Téhéran s'articule naturellement comme point d'entrée avant le circuit classique Kashan, Ispahan, Yazd, Shiraz par la route ou par vol intérieur. Pour les amateurs de montagne, prévoir cinq à sept jours supplémentaires dédiés au Damavand ou à un trek dans le Lar. La région convient aux voyageurs urbains curieux d'histoire moderne (révolution constitutionnelle, période Pahlavi, art contemporain) et aux randonneurs cherchant une acclimatation progressive avant l'ascension du Damavand. Le confort hôtelier est correct, sans atteindre les standards des hôtels-caravansérails d'Ispahan ou Yazd.
