
Résidence traditionnelle des Boroudjerdi
Résidence traditionnelle des Boroudjerdi
Bâtie de 1839 à 1857 pour un riche marchand de Kashan, la maison des Boroudjerdi illustre l'apogée de l'architecture domestique kadjar.
À Kashan, dans la province d'Ispahan, la résidence des Boroudjerdi (Khaneh-yé Boroudjerdi) illustre le faste de la haute bourgeoisie marchande iranienne au XIXᵉ siècle. Avec ses tours à vent, ses peintures murales et ses cours soigneusement proportionnées, elle compte parmi les fleurons de l'architecture domestique kadjar.
Pourquoi visiter la maison des Boroudjerdi
La demeure témoigne de la prospérité commerciale de Kashan à l'époque kadjar, lorsque les marchands de tapis, de soie et d'eau de rose accumulaient des fortunes comparables à celles de la noblesse. Le bâtiment réunit trois caractéristiques rares dans une seule maison privée : un système de ventilation passive sophistiqué (les badguirs), des décors peints par le plus grand artiste de la cour, et une organisation spatiale traditionnelle parfaitement préservée. Située dans le bazar, elle se visite en moins de deux heures et s'inscrit naturellement dans un circuit pédestre des grandes maisons historiques de la ville.
Histoire : un cadeau de noces de 18 ans de chantier
La maison fut commandée par Haji Mehdi Boroudjerdi, riche marchand de Kashan, à l'occasion de son mariage avec une descendante de la famille Tabatabaei, dont la propre demeure se trouvait à quelques pas. Selon certaines sources, l'édification d'une résidence d'un standing comparable à celui de la maison Tabatabaei aurait même été posée comme condition à l'union.
Le maître d'œuvre choisi est Ustad Ali Maryam, l'un des architectes les plus réputés de la région. Le chantier débute en 1839 et mobilise environ 150 ouvriers pendant 18 ans, jusqu'à son achèvement en 1857. La durée et l'ampleur du projet, exceptionnelles pour une commande privée, traduisent à la fois la solidité financière du commanditaire et la complexité des techniques mises en œuvre : stucs sculptés, miroiteries, peintures murales et travail de la lumière dans des espaces voûtés.
Ce qu'il faut voir sur place
Les tours à vent (badguirs)
Trois badguirs émergent de la toiture à environ 3 mètres au-dessus du niveau supérieur de la maison. L'un d'eux prend la forme d'une coupole à six faces percée de six fenêtres, qui captent les courants d'air pour les diriger vers la grande salle de réception. Le système est connecté à une piscine intérieure : l'air chaud, refroidi au contact de l'eau, ressort rafraîchi dans les pièces principales. Cette architecture climatique passive, typique des villes du plateau iranien, fonctionne sans aucun apport mécanique.
L'organisation biruni / andaruni
Comme dans toutes les maisons traditionnelles de notables, l'espace est divisé en deux : le biruni, partie publique réservée à la réception des hommes, et l'andaruni, espace privé où vivait la famille et notamment les femmes. Seul le biruni est ouvert à la visite ; depuis sa cour, on aperçoit cependant les façades de l'andaruni, qui restent inaccessibles. La maison comporte trois portes d'entrée, dont la disposition reflète cette séparation des circulations.
Les peintures de Kamal-ol-Molk et les stucs
La grande salle de réception conserve des peintures murales attribuées à Kamal-ol-Molk, peintre attitré de la cour kadjar. Certaines sont altérées par le temps, d'autres restent lisibles. Les stucs, eux, déclinent un répertoire figuratif rare en architecture islamique : paons, faisans, flamants roses et plantes locales se mêlent aux motifs géométriques traditionnels, sous des coupoles ornées de fragments de miroirs et de verre coloré.
Informations pratiques
- Localisation : dans le quartier historique de Kashan, à l'intérieur du périmètre du bazar.
- Accès en voiture : rejoindre le carrefour entre la rue Alavi et la rue Fazel Naraqi ; stationnement possible à proximité immédiate.
- Horaires : ouverte tous les jours en journée ; vérifier les horaires localement, qui varient selon la saison.
- Tarif : entrée payante, modérée, perçue par l'organisme iranien du patrimoine culturel.
- Durée de visite : compter 45 minutes à 1h30 selon l'intérêt porté aux décors.
Quand s'y rendre
Kashan a un climat continental marqué. L'été, d'avril à septembre, est chaud à très chaud, avec des températures inconfortables en pleine journée. L'hiver, de novembre à février, est sec et froid, avec des minimales pouvant approcher 0 °C en janvier. Les périodes les plus agréables pour visiter la maison et marcher dans le bazar sont les mi-saisons : mars, avril et octobre. La floraison des roses de Damas autour de Kashan, en mai, ajoute un attrait supplémentaire au voyage.
Comment s'y rendre
Kashan se rejoint depuis Téhéran en train (environ 2 à 3 heures depuis la gare centrale) ou en bus longue distance. La ville est également une étape classique sur la route Téhéran–Ispahan. Une fois à Kashan, la maison des Boroudjerdi se trouve dans le secteur des grandes demeures historiques, accessible à pied depuis la plupart des hôtels du centre. Le quartier se prête à la marche : ruelles piétonnes, façades de terre crue et passages couverts du bazar.
À voir dans les environs
- Maison Tabatabaei : 4 700 m² et une quarantaine de pièces, à quelques minutes à pied.
- Maison Ameri : autre grande demeure marchande, aujourd'hui en partie reconvertie.
- Mosquée Agha Bozorg : édifice religieux majeur de Kashan, remarquable pour sa cour en contrebas.
- Bazar de Kashan : couvert et animé, fermé les jeudis et vendredis.
- Musée du jouet : à proximité immédiate des maisons historiques.
- Jardin Fin : jardin persan classé à l'UNESCO, à la périphérie de Kashan.
- Abyaneh : village de terre rouge à environ 80 km, accessible en excursion à la journée.
FAQ
Questions fréquentes
Comptez en moyenne 45 minutes à 1h30. Une visite couplée avec la maison Tabatabaei voisine demande une demi-journée.
Non. Seul le biruni, partie publique de la maison, est ouvert au public. La façade de l'andaruni reste cependant visible depuis la cour principale.
Elles sont attribuées à Kamal-ol-Molk, peintre attitré de la cour kadjar et figure majeure de la peinture iranienne du XIXᵉ siècle.
Les deux demeures sont liées par mariage et présentent des dispositifs comparables. La maison Tabatabaei est plus vaste (4 700 m², une quarantaine de pièces) ; la maison Boroudjerdi est plus compacte mais conserve des décors peints particulièrement raffinés.
Les mi-saisons, principalement mars, avril et octobre, offrent les températures les plus agréables. Mai correspond à la floraison des roses dans la région.
Préparer la visite
La maison des Boroudjerdi s'intègre naturellement à un circuit culturel en Iran combinant Téhéran, Kashan, Ispahan et Yazd. Pour construire un itinéraire sur mesure intégrant les grandes maisons kadjar et les villages traditionnels du désert, consultez nos voyages en Iran.
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