Tours du Silence (Dakhma) de Yazd
Perchées sur deux collines aux portes du désert, les Tours du Silence de Yazd sont d'anciennes tours funéraires zoroastriennes où les défunts étaient exposés aux vautours. Un site archéologique et spirituel unique, avec un panorama saisissant sur la plaine désertique.
Aux portes du désert, deux collines de terre ocre dominent la plaine de Yazd. Au sommet de chacune se dresse une dakhma, tour circulaire zoroastrienne où les défunts étaient autrefois exposés aux vautours. Ces structures, abandonnées au milieu du XXe siècle, restent le symbole le plus saisissant de la présence zoroastrienne en Iran. La visite conjugue archéologie, spiritualité ancienne et panorama sur la ville et le désert.
Infos pratiques en un coup d'œil
- Accès : à environ 15 km au nord-ouest du centre de Yazd, en taxi ou en vélo (route plate).
- Entrée : payante (site classé) ; tarif modique, à régler sur place.
- Durée conseillée : 1 h 30 à 2 h pour les deux tours et les bâtiments annexes.
- Tenue : couverte obligatoire pour les femmes (foulard, manches longues) ; règle générale en Iran.
- Meilleure période : tôt le matin ou en fin d'après-midi pour éviter la chaleur du désert.
Ce qu'on y voit
Deux tours se font face sur des collines séparées. Chacune est un cylindre de pierre brute, ouvert au ciel, divisé intérieurement en trois cercles concentriques réservés aux hommes, aux femmes et aux enfants. Au pied des collines subsistent des bâtiments annexes : salles de purification, réservoirs d'eau, puits à glace (yakhchal) et espaces de deuil. L'ensemble forme un complexe funéraire cohérent, encore lisible dans le paysage.
Histoire et contexte
Le zoroastrisme, religion fondée par Zarathoustra, considère la terre, le feu et l'eau comme sacrés. Enterrer ou incinérer un corps les souillerait. L'exposition aux charognards — pratique dite de la « sépulture céleste » — permettait une décomposition rapide sans contamination des éléments. Les dakhmas de Yazd ont été utilisées jusqu'aux années 1960-1970, quand les autorités iraniennes ont interdit la pratique. La communauté zoroastrienne locale, encore active à Yazd, a depuis adopté des cimetières cimentés hermétiques.
Les temps forts de la visite
La montée vers la première tour
Un sentier caillouteux grimpe en une vingtaine de minutes. L'intérieur de la tour, accessible par une ouverture étroite, révèle la structure concentrique et le puits central où les ossements étaient finalement jetés. L'atmosphère est sobre, sans décoration.
Le panorama sur Yazd et le désert
Du sommet des collines, la vue embrasse les toits de terre de Yazd, ses minarets et, au loin, l'étendue du désert de Dasht-e Kavir. La lumière rasante du soir transforme la plaine en camaïeu d'ocres et de roses.
Les bâtiments annexes
Au pied des tours, les structures de service sont souvent négligées par les visiteurs pressés. Le yakhchal (glacière traditionnelle en forme de dôme conique) et les salles de purification illustrent l'organisation logistique d'un rituel funéraire complexe.
Conseils pour les photos
La lumière dorée d'une heure avant le coucher du soleil est idéale : elle sculpte les reliefs des tours et colore le désert. Depuis le sommet, un grand angle capture les deux collines en même temps. À l'intérieur des tours, la lumière zénithale en milieu de journée crée un contraste fort entre le ciel et les murs de pierre — efficace en noir et blanc. Aucune restriction photographique connue sur le site.
Situation et accès
Les tours se trouvent à environ 15 km au nord-ouest du centre de Yazd, sur la route de Taft. Un taxi depuis le bazar central est la solution la plus simple ; la course aller-retour avec attente se négocie facilement. Les cyclistes expérimentés apprécient la route plate à travers la plaine désertique. Le site n'est pas accessible en fauteuil roulant en raison des sentiers en pente et du terrain irrégulier.
À proximité immédiate se trouve le Temple du Feu de Yazd (Atashkadeh), autre haut lieu zoroastrien, situé dans la ville même.
Aux alentours
- Temple du Feu de Yazd — flamme sacrée zoroastrienne brûlant sans interruption depuis plus de 1 500 ans.
- Mosquée Jameh de Yazd — minarets parmi les plus hauts d'Iran, architecture seldjoukide et timuride.
- Quartier historique de Yazd — labyrinthe de ruelles en adobe, badgirs (tours à vent) et maisons traditionnelles.
- Complexe Amir Chakhmaq — façade à niches étagées, symbole architectural de Yazd.
Questions fréquentes
Oui, l'accès à l'intérieur des tours est généralement possible. L'ouverture est étroite ; il faut se baisser pour entrer. L'intérieur est vide, sans décoration, mais la structure concentrique reste lisible.
Le printemps (mars-mai) et l'automne (septembre-novembre) offrent des températures supportables. En été, la chaleur du désert est intense : partez impérativement tôt le matin. En hiver, les nuits sont froides mais les journées agréables.
Comptez 1 h 30 à 2 h pour monter les deux collines, explorer les bâtiments annexes et profiter du panorama. La montée vers chaque tour prend environ 20 minutes à pied.
Non. La pratique de l'exposition des corps a été interdite en Iran dans les années 1960-1970. La communauté zoroastrienne utilise désormais des cimetières avec tombes cimentées hermétiques pour ne pas contaminer la terre.
Oui, c'est la combinaison classique pour comprendre le zoroastrisme à Yazd. Le Temple du Feu se trouve dans la ville ; prévoyez les tours du Silence le matin (avant la chaleur) et le temple en fin de matinée ou l'après-midi.
Les règles iraniennes s'appliquent : foulard et manches longues obligatoires pour les femmes. Ce n'est pas un lieu de culte actif, mais le respect de la tenue reste exigé comme partout en Iran.
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