Citadelle de Ghoortan

Dans la localité de Varzaneh, le château de Ghoortan invite à une séduisante balade dans l’Iran d’une autre époque. Tout ce qu’il faut savoir sur l’attraction.

Introduction

Si vous programmez une virée insolite ou un voyage sur mesure en Ispahan, il est indispensable d’inclure le château de Ghoortan dans votre itinéraire. Située dans le district de Varzaneh, à une dizaine de kilomètres à l’ouest d’Ispahan, la citadelle millénaire attire les visiteurs au motif qu’elle compte parmi les plus grands et les tous premiers châteaux de l’Iran. La balade donne libre cours à la méditation, en s’efforçant d’imaginer à quoi ressemblait, durant son âge d’or, cette ville effervescente où fleurissent les commerces, les mosquées et les salles de hammam avant de tomber dans l’oubli. À recommander absolument !

Pour la petite histoire

Le nom du château est forgé sur « goor », qui veut dire « zèbre » en persan. L’idée que la zone abritait autrefois une forte population de zèbres et d’herbivores s’impose à l’esprit. D’ailleurs, Bahram Goor, lui-même – le quinzième souverain de la branche sassanide – ne cultivait-il pas la passion de la chasse aux zèbres ? La région Ghoortan était un de ses terrains de chasse favoris, lit-on dans les annales royales. Il existe une seconde interprétation : « Ghoortan » serait associé au terme « armurerie », laissant penser que l’endroit était affecté à l’entrepôt des armes.

Plus de 1000 ans d’histoire sont devant vous. Le site est construit sur le modèle des vieilles villes-citadelles du Moyen-Orient, comme l’Arg-é Bam ou la citadelle de Keshit dans la province de Kerman. Les ouvriers ont érigé des édifices en terre crue pour s’adapter aux contraintes du climat. Le manque de pluies demande d’économiser l’eau, qualifiée de ressource rare et précieuse. Cela dit, le château de Ghoortan a la particularité d’être un endroit isolé mais habité, là où les deux autres sont un no man’s land.

Aujourd’hui

Malheureusement, le temps vient à bout des civilisations humaines. Alors que 300 habitants logeaient dans le château, seules quatre familles paysannes y vivent à l’heure actuelle. Difficile d’imaginer que, il y a encore quelques siècles, ces murs résonnaient des cantiques des imams, des pas de chevaux bondissants et des rires frais des commerçants. Bien que partiellement en ruine, le château de Ghoortan a gardé des traces de son brillant passé. Il est connu comme l’un des plus anciens châteaux de l’Iran, et le plus grand, après le château de Karshahi.

A voir et visiter sur place

Le fort de Ghoortan occupe une surface de 4 000 m2. Avant de pénétrer à l’intérieur, embrassez d’un coup d’œil les formidables murailles de la citadelle. Elles mesurent 9 mètres de haut et 3 à 4 mètres d’épaisseur et sont renforcées par 14 tours de guet, du haut desquels des gardes épiaient les troupes ennemies. La solidité de la construction valut au château de résister à des siècles de guerre et d’invasions.

L’enceinte de la citadelle laisse voir toutes les composantes d’une ville habitée :

Les 3 mosquées du château de Ghoortan :

Mosquée du Shabestan : sortant du lot par son architecture, la mosquée est sans conteste l’édifice le plus beau et le plus conservé de la citadelle.

Mosquée Bala : achevée au viie siècle, la mosquée Bala est la plus ancienne des trois mosquées du château. Elle comporte deux magnifiques altras.

Mosquée Ebhrim : accessible depuis la porte nord, la mosquée Ebhrim est la plus récente puisqu’elle a été rajoutée par les rois Safavides du xviie siècle.

Un centre commercial :

Occupant le centre de la citadelle, le centre commercial était divisé en deux sections. Le premier quartier accueillait les établissements d’auberges et les maçons, alors que le second quartier est investi par les hommes d’affaires.

La maison de pigeons :

Les paysans utilisaient la fiente des oiseaux pour corriger la fertilité des sols. Les pigeonniers en pisé constituent un trait évocateur de l’architecture vernaculaire en Iran. Comme les plaines du pays sont pauvres en azote, la bouse de pigeon est collectée à grande échelle pour être transportée dans les champs de melons et de concombres.

Le deuil de l’imam Hossein :

Comme partout en Iran, le vieux château de Ghoortan observe une cérémonie de deuil en mémoire de l’imam Houssein. Fidèles à la tradition, les hommes du village portent sur leurs épaules le « nakhl », sorte d’ouvrage en bois symbolisant le cercueil de Hossein. Le culte de l’imam a été introduit depuis l’ère Safavide, puisque ce dernier a accepté de mourir en martyre pour la cause de l’islam. Le nakhl de Ghoortan est spécialement conservé dans un bâtiment de 6 m de haut datant de la dynastie Safavide.

Infos pratiques

  • Prix d’entrée

Le tour du château est gratuit si vous le faites sans guide, mais la visite guidée est payante. Si vous désirez approfondir l’histoire du site, apprendre beaucoup plus sur la vie quotidienne dans une citadelle ou faire des découvertes locales, nous vous recommandons la deuxième option. Le tour du château de Ghoortan vous prendra 2 heures et demie en tout.

  • Sites à proximité

Aux environs du château, une multitude d’attractions attend le touriste : le lac salé, le désert de Varzaneh et la mosquée Jame de Varzaneh. Pour observer les oiseaux, vous pourrez vous rendre dans la zone humide de Gavkhooni, tout près du désert. 

  • Quand y aller ?

Parlons maintenant de la saison. Le climat sec et désertique de Varzaneh connaît les extrêmes : des pics de chaleur de 40o C entre juillet et août ; un froid grelottant en janvier et février (au-dessous de 0o C).

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