Abyaneh

L’Iran n’est pas seulement un creuset de mosquées ou de monuments ottomans. Pour découvrir une autre facette de l’Iran, venir à Abyaneh, un village aux accents pittoresques localisé dans la province d’Ispahan, est une excellente idée. Le point.

Introduction

Parler de l’Iran revient à parler des masjids et des demeures seigneuriales datant de la dynastie des Seldjoukides, des Timourides ou des Kadjar. À la recherche d’une destination hors des sentiers battus ? Le village aux tons rougeâtres d’Abyaneh, à mi-chemin entre Kashan et Ispahan, est une halte recommandée. Lové dans un relief montagneux, Abyaneh rassemble de vieilles maisons couleur ocre où les villageois ont logé depuis toujours. Son admirable mosquée sera le coup de cœur des photographes. Voici donc un quartier atypique, jouant de son pittoresque et de sa simplicité pour séduire les touristes. À visiter absolument !

Histoire

Les témoignages historiques soutiennent que la ville est fondée depuis l’Antiquité. Ses premiers habitants ont élu domicile autour de la rivière Barzrud, qui est elle-même reliée à de nombreuses sources en montagnes. Ce potentiel hydrologique important a été vu d’un bon œil par la communauté d’agriculteurs.

C’est au cours du xvie et du xviie siècle, lorsque les Safavides montèrent sur le trône de l’Iran, après avoir chassé les Timourides, que la bourgade a atteint son âge d’or. Il paraît que l’emplacement en haute montagne (1 500 mètres d’altitude) n’a pas découragé les ennemis de faire des raids autour d’Abyaneh. Les shahs ont bâti trois splendides forteresses pour faire pièce aux tentatives d’invasion, dont nous pouvons encore contempler les ruines.

Si l’histoire politique du site n’est pas très loquace, l’histoire architecturale nous laisse sans voix. Les maisons sont resserrées les unes contre les autres, avec pour matériau de construction une boue rouge caractéristique. Ces ensembles résidentiels sont le fruit de plusieurs siècles d’aménagement pour habiter, irriguer et exploiter des pentes de montagne… Un éminent exemple de l’adaptation de l’homme à l’hostilité du milieu naturel.

Abyaneh, un magnifique bourg aux tons rougeâtres

Force est d’admettre que le bourg d’Abyaneh n’est pas très touristique. L’attractivité repose sur ces habitats traditionnels enduits de brique rouge, juxtaposés les uns au-dessus des autres comme des pièces de musée. Des mosquées aux fines sculptures s’ajoutent au décor. Conjuguant l’insolite, le pittoresque et l’inattendu, Abyaneh plaît d’autant plus par sa gracieuse sobriété qui révèle sans complexe la culture locale. Le classement de la ville d’Abyaneh sur la liste des monuments nationaux de l’Iran depuis le 1er août 2006 est pleinement mérité. Indépendamment de sa couleur rouge, elle a accueilli les premières tribus du désert iranien.

La disposition, l’allure et la texture des habitations répondent aux diverses contraintes du milieu. D’une part, elles sont volontairement contigües, non pas pour ombrager les ruelles ou mettre les piétons à l’abri des rayons de soleil, mais pour exploiter au maximum un espace restreint. Se perdre dans ces ruelles sinueuses et étroites est devenu un hobby agréable pour les touristes. D’autre part, vous remarquerez que les portes, les fenêtres et les combles sont construites en dimension lilliputienne. La pauvreté rurale explique qu’une pièce se destine parfois à plusieurs fonctions, en faisant office de cuisine, de salle à manger ou de chambre pour enfants. Les gens d’ici vivent une vie simple et modeste, à l’écart de la civilisation moderne.

Si le confort est spartiate, les indigènes ne lésinent pas sur les motifs sculpturaux : les portes sont rehaussées de poèmes, de fleurs ou encore d’inscriptions marquant le nom du propriétaire ou des bâtisseurs. Ces derniers ont multiplié les ouvertures sur les toits pour capter un maximum de luminosité. Que direz-vous de vous poser en photo sur la devanture de l’une de ces demeures à la teinte écarlate ?

Une expérience gourmande et culturelle

La majorité de la main-d’œuvre se consacre à l’agriculture vivrière, aux jardins maraîchers et à l’élevage de bétail. Durant votre passage à Abyaneh, vous aurez donc l’occasion de goûter d’excellents produits locaux, comme les prunes, les poires, les pommes, les abricots ou les noix de coco. Pour une pleine immersion culturelle, vous pourrez même participer au battage du blé ou à la cueillette des fruits.

Points d’intérêt

Cela dit, Abyaneh n’est pas tout à fait un désert de monuments. Vous y trouverez une succession de mosquées aux jolis motifs floraux et géométriques, comme la mosquée Jame qui prend place dans le quartier de Myun Deh ou la mosquée d’Hajatgah, construite sous le règne des Safavides et à l’intérieur duquel il faut visiter la salle de prière aux colonnes et chapiteaux impressionnants.

Dans les environs d’Abyaneh, le site archéologique de Nashubad mérite également le détour en ce qu’il invite à une formidable descente souterraine sur les traces des premiers peuples de l’Iran.

Accéder au village d’Abyaneh

Abyaneh accueille les touristes dans un cadre pittoresque à souhait, à une quarantaine de kilomètres de la ville de Natanz, province d’Ispahan. Elle est accessible en bus, en prenant des lignes publiques à partir d’Ispahan ou de Kashan. Mais si vous ne connaissez pas très bien l’endroit, la compagnie d’un chauffeur en mode voiture privée est conseillée.  

Quand y aller ?

Le climat d’Abyaneh est soumis à l’influence de l’altitude. Le froid règne en maître d’octobre à avril (jusqu’à -8 o C), accompagné de quelques crachins. Pour voyager à Abyaneh dans les meilleures conditions, il faut choisir la date de départ entre mai et août. En cette saison, le temps est sec, et la température, douce et agréable, tourne en moyenne autour de 23o C.

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